a, b, c, d... lalala

Fatiguée. Je rode dans cette ville que je connais tant, à présent. En vérité ça fait plus d'un an que j'y suis installée. Je connais tous les recoins, les allées sombres, que j'emprunte tous les soirs, lorsqu'il fait bien nuit, et tellement froid. Le froid entre dans ma gorge, pétrifie tous mes membres, et m'ouvre la peau. Je cours, parfois, quand j'ai trop peur de toutes ces ombres et de tous ces sons qui me suivent, un peu trop. A force je ne sens plus le froid, tant j'ai froid. Et donc je n'ai plus froid. Je passe ces escaliers, près de la route dangereuse où tous les automobilistes me dévisagent, leurs visages restant invisibles à cause de leurs phares trop brillants. Il y a des tags, bizzarr, et des gens, cagoulés. Je passe précipitamment. Cette allée, putain, cette allée. Je vais vers la balustrade, et ferme les yeux, essaye de me souvenir. Impossible. En fermant les yeux, parfois c'est possible. Mais pas toujours. Alors je reste immobile, cherchant ton corps mais tu n'es plus là. Je plisse les yeux et regarde un peu partout, comme si j'espèrais te revoir, en négatif, ou en infra-rouge. Je sens tes particules flotter dans l'air, le souvenir que tu as laissé, tes traces de pas, tes rires et ta voix, la fumée sortant de ta bouche, tout ça quoi... ''Je te ressens''
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# Posté le jeudi 29 octobre 2009 14:27

J'ai besoin de toi.

J'ai besoin de toi.

# Posté le vendredi 04 septembre 2009 13:14

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 14:11

LES RUBANS JAUNES

" Mais dites-moi, mon père, où se trouve la chambre des larmes? J'aimerais que vous m'y emmeniez.
Il traça sur elle le signe de la croix.
- Elle est en vous, où que vous alliez, mon enfant. C'est l'apanage des affligés. Nous nous y réfugions tous. La question est de savoir si nous en ressortons... Si nous y restons... Qui nous entraînons derrière nous..."

# Posté le dimanche 23 août 2009 17:47

" Dès que j'entendais la voix de A., mon attente indéfinie, douloureuse, jalouse évidemment, se néantisait si vite que j'avais l'impression d'avoir été folle et de redevenir subitement normale. [...] J'aurais voulu n'avoir rien d'autre à faire que l'attendre. "

Quelquefois, je me disais qu'il passait peut-être toute une journée sans penser une seconde à moi. Je le voyais se lever, prendre son café, parler, rire, comme si je n'existais pas. Ce décalage avec ma propre obsession me remplissait d'étonnement. Comment était-ce possible. Mais lui-même aurait été stupéfait d'apprendre qu'il ne quittait pas ma tête du matin au soir. Il n'y avait pas de raison de trouver plus juste mon attitude ou la sienne. En un sens, j'avais plus de chance que lui.

Passion simple _ Annie Ernaux

# Posté le vendredi 07 août 2009 04:43